La voyance, une pratique sociale tenace

voyance sociale

Si le mot « voyance » fait souvent penser à une boule de cristal ou une Tsigane qui lit dans la main des étrangers, la réalité actuelle est bien différente. Aujourd’hui, on consulte en cabinet ou en ligne avec d’autres techniques. Dans tous les cas, les consultations reflètent un certain contexte social.

La diseuse de bonne aventure : un phénomène social datant de plusieurs siècles

Si l’image de la diseuse de bonne aventure reste aussi tenace, c’est parce qu’elle a traversé les siècles. C’était pour les femmes tsiganes un moyen de mieux appréhender la société qui les accueillait. En écoutant les gadjé (non tsiganes) se confier, elles obtenaient de nombreuses informations utiles pour leur communauté de nomades. Et bien entendu, c’était aussi un moyen de gagner un peu d’argent.

Pour le consultant, les Tsiganes représentaient des pouvoirs mystérieux venus d’Orient. Ces peuples voyageurs venus de l’Inde ont traversé de nombreux pays. Ils ont côtoyé de nombreuses connaissances sans cesser de se transmettre leurs propres savoirs. Les Européens étaient donc subjugués par leurs pratiques. Même si ce savoir est parfois assimilé à un simple folklore, il existe vraiment. Aujourd’hui, les diseuses de bonne aventure sont surtout des animatrices habituées des kermesses. Le véritable art divinatoire tsigane est pratiqué par des spécialistes à travers le tarot tsigane.


Ce tarot est composé de 38 cartes, avec diverses méthodes de tirage. Par exemple, une seule carte suffit pour répondre à une question, trois cartes sont nécessaires pour obtenir des précisions. Un voyant qui consulte à distance peut utiliser cette technique.

La voyance au XXIe siècle : place aux consultations à distance

Le monde évolue, et la voyance suit ces progrès malgré le caractère « archaïque » de cette pratique. C’est d’ailleurs grâce à leur capacité d’adaptation que les arts divinatoires persistent jusqu’à ce jour (et bien entendu parce qu’ils ont plus d’une fois émis des prédictions exactes !)

En Occident aujourd’hui, les voyants ne sont plus des êtres à fonction sociale comme les femmes tsiganes ou les guérisseurs dans les villages africains. Les consultations se font en privé, montrant que l’individu est désormais seul à gérer son destin au quotidien. Le rôle du voyant s’éloigne de celui du marabout qui va prescrire un rituel pour remettre en place l’ordre des choses bouleversé par un mauvais pas. Celui-ci se rapproche de plus en plus du rôle du psychologue qui écoute et conduit son patient à la prise de conscience.

Les techniques anciennes sont conservées (cartomancie, voyance pure, astrologie, etc.), mais le mode de consultation a changé. Il est désormais possible de consulter à partir de chez soi et en toute discrétion grâce aux tchats, emails et conversations téléphoniques proposés par les spécialistes. On peut demander conseil sur les aspects les plus intimes de sa vie en restant anonyme.

Parallèlement, les horoscopes acquièrent une certaine dimension sociale. C’est un vecteur de communication entre les adeptes, qui consultent les prédictions et les compatibilités entre les signes astrologiques. Ce, pour mieux vivre leur quotidien et choisir leur entourage.